L’amélioration des transports collectifs à Toronto

Toronto, capitale de l’Ontario et principale métropole du Canada, fait face à des défis majeurs en termes de mobilités. Son aire urbaine avoisine les 6 millions d’habitants, le centre-ville subit une forte concentration démographique. Beaucoup d’innovations canadiennes émergent pour accélérer l’aménagement axé sur le transport en commun autour du transport rapide. La région du Grand Toronto et de Hamilton est en phase d’écrire un nouveau chapitre du transport collectif. 

Pourquoi Toronto doit-il miser sur l’aménagement axé sur le transport en commun ?

Peuplée de plus de 2,7 millions d’habitants faisant d’elle la quatrième ville la plus peuplée d’Amérique du Nord, Toronto a besoin d’un nouveau souffle pour son réseau de transport. « Le territoire torontois est comparable à près de deux fois la superficie de Montréal et la croissance démographique rapide indique une population de 9 000 000 habitants en 2031. Région métropolitaine déjà très congestionnée, ces prévisions obligent à l’action sinon la situation ne va faire qu’empirer : le temps de transport quotidien par personne augmenterait pour atteindre dans 25 ans une moyenne de 109 minutes » s’alarme Antoine Belaieff, directeur de la planification régionale à Metrolinx, l’Agence métropolitaine de transport de Toronto.

Les villes nord-américaines ont longtemps axé leur développement et leur aménagement sur l’étalement urbain ainsi que les déplacements en voiture. Aujourd’hui, il est plus que nécessaire pour la ville de Toronto de miser sur l’aménagement de la ville axé sur le transport en commun. « C’est donc un véritable défi de planification du territoire et de mobilité que doit relever la métropole ontarienne. C’est aussi une belle occasion d’intégrer les nouvelles technologies et les nouvelles mobilités à la planification métropolitaine des transports collectifs ». Voilà pourquoi la ville se tourne désormais vers l’Aménagement Axé sur le Transport en Commun (AATC).

La congestion routière actuelle génère 500 000 tonnes de GES (Gaz à effet de serre) par an. L’étalement urbain est la principale cause de l’utilisation du mode de transport individuel : la voiture.

Opter pour l’AATC pourrait « accroitre l’offre et l’abordabilité des logements, réduire la pollution par le carbone, protéger les terres agricoles et les espaces naturels en freinant l’étalement urbain et rendre les projets de transport en commun plus viables en fournissant plus de passagers. » selon Lidsay Wiginton, analyste en transport et solutions urbaines.

Cependant, cette stratégie nécessite un ensemble de facteurs favorables pour pouvoir planifier un nouvel aménagement. « La politique de croissance, les conditions du marché, les infrastructures adéquates et la vision politique sont des ingrédients clés pour faire des collectivités propices à la marche et favorables au transport en commun une réalité. »

Qui sont les acteurs de l’aménagement axé sur les transports en commun (AATC) ? 

De nombreuses villes ainsi que des agences de transport en commun décident de travailler en étroite collaboration avec l’industrie de l’aménagement par le travail d’études, de critiques, ou de projets de développement. Le Pembina Institute, un groupe de réflexion canadien à but non lucratif axé sur l’énergie, qui possèdent des bureaux à Edmonton, Toronto, Ottawa et Vancouver a mené des recherches en 2017-2018 pour proposer trois approches actuellement utilisées dans les villes canadiennes pour améliorer les conditions en vue de l’aménagement axé sur les transports en commun. 

  1. Établir des exigences financièrement viables en matière de stationnement :
    le stationnement est une question sensible et litigieuse pour les résidents et les usagers des transports en commun. C’est un atout ou parfois même une contrainte pour le développement économique : « Le zonage exige également que les projets prévoient du stationnement à long terme, couvert et sécurisé pour les vélos dans les rues. Cette approche permet d’atteindre un équilibre entre la demande de stationnement, et les infrastructures et la conception axées sur le transport en commun ». 
  2. Planifier ensemble l’utilisation des terres, le transport et les infrastructures : habituellement sous autorité d’organismes ou de ministères, l’utilisation des terres exige une planification cordonnée et intégrée. Le mode de transport en commun doit se coordonner avec la vision d’utilisation des terres ainsi que l’aménagement du paysage public pour répondre à un ensemble d’enjeux et une cohérence de projets.
  3. Attirer des bureaux et des commerces :
    « Attirer des emplois en plus de projets résidentiels rend un projet de transport en commun beaucoup plus viable, mais s’est historiquement révélé difficile dans la plupart des secteurs à l’extérieur des centres urbains ». La ville de Toronto mise donc sur les utilisations d’emplois ciblées avec « imaginating, manufacturing, innovation and technology », un incitatif commercial qui permet aux projets admissibles d’obtenir une subvention. Pour exemple, « le projet CIBC Square, l’un des plus importants projets de locaux à bureaux des 30 dernières années à Toronto, a reçu 130 millions de dollars en subvention équivalente. » Ce projet a obtenu une subvention car il était principalement connecté au transport en commun de la ville avec l’autobus GO et une connexion avec la Gare Union de Toronto.

« Après tout, ce sont les gens qui sont au cœur du transport collectif ! » 

Jackie Czaijka, conseiller principal, Metrolinx

Metrolinx cherche mettre en place de nouveaux projets pour connecter les utilisateurs des transports avec les éléments qui améliorent leur vie, leurs domiciles, leurs emplois, les parcs de la ville, les espaces ouverts ainsi que les activités culturelles. C’est pourquoi la compagnie de transport soutient les projets de train léger sur rails comme à Eglinton Crosstown (Toronto), Finch West (Toronto) et Hamilton. Metrolinx et ses partenaires collaborent ensemble pour concevoir une planification et une conception d’autres grands projets d’expansion du transport en commun à Toronto. Des lignes déjà existantes pourraient alors être prolonger.

L’objectif est d’unir les principaux acteurs des transports collectifs pour relier chaque collectivité du Grand Toronto, d’améliorer le réseau déjà existant et de proposer aux clients une utilisation fluide, facile et peu coûteuse des transports en commun. 


Publié par Aurélien Sarrosquy

Fondateur d'AuSarchitect

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