L’architecture autochtone au Canada : au service de la réconciliation

L’architecture apporte une contribution majeure et positive au changement social, ainsi qu’à l’ouverture des mentalités. Les musées, les éducateurs et les médias ont conscience de leurs importances et prennent des mesures précises en faveur du changement social. L’architecture reste un domaine qui brille par son absence. 

            Au Canada, l’architecture est sensible aux enjeux autochtones que ce soit dans les lieux déjà existants mais aussi dans la conception des nouveaux bâtiments. Le passé mémoriel des Premières Nations est un élément indissociable de la culture et de l’histoire de la société canadienne. L’architecture autochtone est encore timide dans le paysage urbain canadien. Certains bâtiments s’inspirent pourtant des styles anciens pour innover. On peut appeler ce phénomène architectural l' »autochtonisation » du bâti. Pourtant plusieurs questions se posent: des immeubles au Canada pourraient-ils être adaptés de façon à mieux respecter la culture des Autochtones ? Comment le Canada peut-il mettre en valeur la culture autochtone dans l’espace public ?

Plusieurs initiatives émergent en matière d’aménagement des paysages et d’architecture à influence autochtone au Canada.

« Des centaines de nouveaux espaces traditionnels prennent forme à travers le pays poussant les Canadiens à dépasser les stéréotypes de l’architecture autochtone, comme les tapis et les igloos.« 

Pr. Daniel M. Millette, National Trust for Canada, 2019

Dans de nombreuses communautés autochtones, un fossé est creusé entre la diffusion faite des projets par les médias et la réalité du bâti et du lieu. Les initiatives architecturales regroupent aussi bien des lieux qui sont reconstruits et réaménagés que des nouveaux espaces d’aménagement destinés à la culture traditionnelle autochtone. La dimension traditionnelle reste très importante pour de nombreuses communautés autochtones ayant un passé lointain et ancestral. On retrouve cette dimension majeure dans des exemples de conceptions autochtones qui cherchent à s’intégrer à des paysages et des immeubles déjà existants dans les centres urbains canadiens. Cependant cette intégration remarquable n’est pas assez mise en valeur et passe souvent inaperçue aux yeux du grand public.

« L’expression architecture autochtone reflète la diversité des peuples autochtones.« 

Le Canada reste aujourd’hui un large territoire possédant une multitude de territoires autochtones. Certains de ces territoires sont partagés, d’autres sont habités de bâtiments modernes puis quelques uns sont perdus par le temps.

« Il y a plus de 630 collectivités autochtones uniquement au Canada, ce qui ne comprend pas les nombreuses collectivités qui subsistent dans le Grand Nord ou les « nouvelles » communautés signataires d’un traité, comme la Première Nation Tsawwassen en Colombie-Britannique. »



L’architecture autochtone est loin d’être homogène. Chaque communauté va posséder ses propres traditions, mœurs, histoires et récits. Chacune a sa propre interprétation de sa culture s’exprimant dans l’aménagement de l’environnement, et elle se retrouve clairement dans l’architecture au sein et en périphérie de ces communautés.

La Maison des premiers peuples de l’Université de Victoria, une réalisation d’Alfred Waugh (Formline Architecture), crédit photo: Nic Lehoux.

Les concepts de planification ont un rôle essentiel dans l’architecture d’avant-garde autochtone. Dans plusieurs projets, l’utilisation de l’espace vise à mettre en valeur la culture locale souvent avec un musée, une école ou encore un centre culturel. L’architecture permet d’affirmer la volonté de la communauté de préserver ses traditions, son histoire et sa culture. L’architecture est un moyen d’ancrage de la culture dans le temps et l’espace. Les représentations culturelles sont variées et vont de la reconstruction des lieux traditionnels aux œuvres contemporaines combinant ainsi matériaux modernes et éléments traditionnels.

« Il y a une tendance de plus en plus forte à la « réappropriation » des processus de planification communautaire et de conception architecturale. »

Daniel M. Millette, directeur de la planification stratégique auprès du Centre des ressources sur la gestion des terres des Premières Nations.

L’inclusion décisive des membres des communautés autochtones dans l’ensemble du processus de planification et de conception joue un rôle essentiel dans l’originalité et l’authenticité des projets communautaires. La capacité d’action communautaire dépasse le simple cadre de conception et de planification pour se révéler être une force et une richesse qui dépasse le simple bâti.

L’architecture autochtone demeure une richesse majeure pour le Canada qui tente de laisser une place à ce style traditionnel dans des centres urbains de plus en plus modernes.

Basé sur le travail du Dr. Daniel M. Millette, paru dans le magazine de la Fiducie nationale du Canada, Locale.

Source :

https://nationaltrustcanada.ca/fr/online-stories/6233

Publié par Aurélien Sarrosquy

Fondateur d'Ausarchitect

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