La ville post-covid 19 : vers un nouveau paradigme urbanistique ?

La crise actuelle de la COVID-19 dans le monde suscite de nombreux changements dans les sociétés du XXIème siècle. Comment pouvait-on imaginer qu’une maladie issue du marché de Wuhan, en Chine, puisse devenir une réelle pandémie mondiale, menaçant les populations, quelque soit leur revenus ou encore leur nationalité ? Pourtant cette crise a provoqué plusieurs phénomènes et mutations dans les villes. Un exode urbain massif, l’engouement pour un retour à la campagne, de nouvelles solutions pour le « monde d’après », ces réflexions nous amènent à nous interroger sur la question suivante : comment la crise sanitaire montre les failles du modèle urbain actuel et mène à considérer un nouveau paradigme en urbanisme ? Au travers du prisme de la métropole dans son ensemble, sur le modèle urbain actuel qui fait face à la crise sanitaire et aux diverses solutions naissantes de résilience urbaine, nous souhaitons dans cet article décrire un nouveau paradigme urbanistique post-covid 19. 

La métropole comme locomotive du territoire : un paradigme à bout de souffle ?

Retour sur la dynamique de métropolisation à l’œuvre depuis les années 2000

Au courant des années 1990, le choix d’organisation territoriale penchait pour un découpage de la France en “pays”, définis par la DATAR comme “des territoires regroupant plusieurs intercommunalités, le plus souvent à l’échelle d’un bassin d’emploi, rassemblant un pôle urbain et son hinterland rural ou bien constitué d’un réseau de petites villes et de centres bourgs, auquel la géographie, l’histoire, ou la vie économique donnent sa cohérence”. La Loi Pasqua d’orientation pour l’aménagement et le développement du territoire, promulguée en 1995, officialise ainsi ces unités territoriales dans le but de mettre en relation pôles urbains et arrière-pays rural. Cette loi est revue et corrigée par la gauche en 1999, sous l’égide de Dominique Voynet, avec comme projet le découpage du territoire national en pays et agglomérations pour plus de cohésion géographique, économique, culturelle et sociale. Après un affaiblissement de la dynamique, la Loi Urbanisme et Habitat de 2003 relance le mouvement de constitution de pays. Bien qu’en 2015, la population des pays, reconnus ou en projet, représente 43% de la population nationale [1], cette dynamique a été confrontée à celle de la métropolisation, contradictoire, puisqu’elle renie ce maillage territorial d’association du monde rural-urbain, vers un modèle centre-périphérie. 

En effet, on observe une montée en puissance de la métropolisation, c’est-à-dire d’un mouvement de concentration de populations, d’activités, de valeur dans des ensembles urbains de grande taille, à partir des années 2000.  Le modèle de métropole est alors présentée comme le seul pertinent face à la mondialisation : les métropoles seraient les locomotives du territoires leur permettant une insertion dans les réseaux globalisés. Cependant, les deux phénomènes conjoints de métropolisation et de mondialisation procèdent d’une mise en concurrence des territoires qui a mené à une certaine mise au ban des espaces ruraux. C’est un processus multiscalaire : “à l’échelle mondiale, il tend à renforcer les hiérarchies urbaines en faveur des grandes villes ; à l’échelle métropolitaine, on assiste à des dynamiques sociales et spatiales différenciées de fragmentation et de ségrégation[2].

C’est l’acte III de la décentralisation, autrement dit la réforme territoriale portée par la loi de Modernisation de l’Action publique Territoriale et d’Affirmation des Métropoles (loi MAPTAM), entrée en vigueur en 2015, qui consacre le phénomène de métropolisation en France. Ce texte crée un nouveau statut pour les métropoles qui renforce les prérogatives des agglomérations de plus de 400 000 habitants. Toutes les compétences acquises par l’EPCI d’origine sont transférées de plein droit à la métropole, qui exerce, en lieu et place des communes membres, certaines compétences en matière de développement économique, d’aménagement de l’espace, de politique locale de l’habitat, de politique de la ville, de gestion des services d’intérêt collectif et de protection de l’environnement.

Critiquée pour son technocratisme, cette loi est critiquée pour avoir renforcé la mise de côté des zones devenues “périphériques” en allant à l’encontre d’un modèle où espaces urbains et ruraux sont complémentaires. Gilles Pinson, sociologue et politologue, pointe du doigt l’oubli des conséquences sociales de la métropolisation par les élites urbaines. L’envolée des prix du foncier a provoqué une gentrification et une dualisation du peuplement en ville, la rendant un espace profondément inégalitaire. Selon lui, il y a “un chaînon manquant entre les politiques d’attractivité visant à faciliter l’installation des activités à forte valeur ajoutée, et les dispositifs d’insertion sociale et professionnelle”. Ce que le texte de loi n’enraye pas, voire renforce, en éludant la question “de la péréquation et de la solidarité, ainsi que celle de la coopération entre les différents niveaux de collectivités”.

« En plus de poser des questions d’inégalités au sein des villes, la métropolisation a aussi entraîné une forte fragmentation socio-spatiale via l’étalement urbain. » 

La concentration toujours plus importante des activités économiques dans les centres urbains (accompagné par l’augmentation constante de la motorisation) a produit une dissociation entre lieu de vie et lieu de travail, moteur de la périurbanisation.Les populations périurbaines se trouvent donc dépendantes de la métropole, forcées à des déplacements motorisés pour avoir accès aux services et à l’emploi.

Une crise révélatrice des failles du modèle urbain et d’organisation du territoire

La crise du covid-19 semble avoir révélé des failles dans le modèle urbain actuel.

« D’abord, les grandes villes ont été parmis les plus gros foyers de propagation du virus. »

En outre, le confinement a bien évidemment mis en lumière les situations de promiscuité difficilement vécues par les citadins, d’autant plus pour ceux, nombreux, dont le logement flirte avec l’insalubrité.  Les inégalités sociales ont été exacerbées : en fonction de la surface du logement, mais aussi de la possibilité ou non de télé-travailler. Ainsi, les plus précaires ont dû continuer à aller travailler (souvent en transports en commun) et donc à prendre des risques. Plus que le fait urbain à lui seul, c’est la conjonction entre précarité et concentration de population qui a entraîné des situations sanitaires dramatiques : la Seine Saint-Denis, par exemple, est victime d’une surmortalité du covid-19 par rapport au territoire national, puisqu’elle combine logements trop petits, travailleurs en première ligne et comorbidités plus élevées dû à la précarité des populations.

En parallèle, le modèle périurbain pavillonnaire, jusque là assez mal considéré, semble avoir été réhabilité pendant cette période : il est en effet plus confortable de vivre le confinement dans une maison individuelle avec jardin plutôt que dans un petit appartement en coeur de métropole, aussi bien situé soit-il.

De plus, le reproche souvent fait à ces espaces de produire des navettes de déplacements polluants/producteurs de congestion a disparu avec le confinement. Un des défis pour l’avenir consistera à maintenir les efforts pour éviter un retour en force du “tout-voiture” face à la peur d’utiliser les transports en commun.

Enfin, la crise du covid-19 a souligné les problématiques que pose la doctrine d’un territoire hiérarchisé avec les métropoles comme pôles centraux : les espaces ruraux ont notamment souffert de la fracture numérique, alors que la connexion internet est devenue essentielle à la continuité pédagogique, pour les enfants et étudiants, et au télétravail, pour de nombreux actifs.
Par ailleurs, on peut craindre que cette crise aura porté le coup fatal à un grand nombre de petits commerces de bourgs ou de centre-ville moyens, déjà en grande précarité du fait de la perte continue d’attractivité subie par ce type de territoire. 

Par ailleurs, cette crise a laissé entrevoir une remise en question du modèle de mondialisation débridée et la nécessité de relocaliser certaines productions. Ainsi, certes dans une mesure limitée, il est possible d’observer une nouvelle dynamique de dialogue entre les métropoles et leur environnement, notamment sur des questions d’alimentation. Par exemple, des filières locales se sont organisées à travers des contrats de partenariat, à l’instar de la métropole de Toulouse qui s’est coordonnée avec le pays gersois pour approvisionner les cantines scolaires. Un des grands défis du “monde d’après” se trouve dans la recherche d’un meilleur équilibre rural-urbain.

De manière plus globale, nous pouvons observer une remise en question du modèle de ville-monde : New York en est peut-être l’exemple le plus frappant. Avec 3 aéroports internationaux, plus de 8 millions d’habitants et une forme urbaine très verticale, New-York a été touchée de plein fouet par la crise sanitaire : plus de 23 000 décès pour le seul État de New York, dépassant ainsi le nombre de morts dans la plupart des pays du monde (à l’exception des plus durement touchés). L’économie subit aussi un véritable carnage, avec des prévisions de déficit mirobolantes, pour ce qu’Oxford Economics qualifie de la “plus grande économie urbaine du monde[3]. Cette crise est donc un signal d’alarme face à une ville-monde plus vulnérable qu’elle n’y paraissait, en termes d’infrastructures publiques et surtout d’inégalités socio-économiques. La question n’est pas tant de savoir si New-York et les villes-mondes se relèveront, car ce fut le cas à chaque crise précédente, mais plutôt vers quel modèle elles tendent.

Face à ces constats, il nous intéresse d’analyser précisément à quel point le modèle urbain peut être mis en cause dans le cadre de cette crise sanitaire, et s’il est réellement responsable de tous les maux.

Le modèle urbain face au COVID-19

Historique : comment les épidémies ont façonné les modèles urbains

Il semble intéressant de dresser une rapide rétrospective concernant les villes face aux crises sanitaires afin d’interroger la croyance selon laquelle la ville est dangereuse sur le plan sanitaire.

Les villes ont toujours survécu aux épidémies dans le passé, mais elles ont eu un fort impact sur leur évolution.
Dès le Moyen-Âge, avec le développement du commerce “international”, les villes portuaires deviennent des points d’entrée des épidémies venues d’Orient, à l’instar de la peste de 1720 qui décime Marseille.
C’est à partir de cette période que se déploient des mesures sanitaires : quarantaine pour les bateaux venant de zones infectées, cordons sanitaires, regroupement des malades dans les lazarets (espaces fermés)… Mais c’est davantage le facteur portuaire/commercial plutôt que le facteur urbain qui est rendu responsable : et pour cause, les villes sont alors constituées d’un habitat lâche et se distinguent donc peu des campagnes.

A mesure que la population européenne croît, phénomène qui s’accompagne à la fois d’évolutions urbanistiques telles que l’installation d’hôpitaux en cœur de ville et du retour de la peste, les mesures se renforcent. Elles se traduisent surtout par le nettoyage accru des marchés, la traque des animaux errants, et le contrôle des populations jugées indésirables et des professions dangereuses en termes sanitaires (bouchers, prostituées, médecins…). Ainsi, à ce stade, les foyers épidémiques sont plutôt identifiés comme des populations marginales plutôt que des lieux.
L’adaptation des villes aux aléas sanitaires se poursuit à la Renaissance, à travers une organisation urbanistique permettant la circulation des “effluves” et des grands travaux de destruction d’îlots insalubres dans les centres-villes. C’est au XIXe siècle que se produit un tournant majeur, avec le mouvement hygiéniste : le lien est fait entre promiscuité, mauvaises conditions d’hygiène et taux de mortalité du choléra. Deux principes s’imposent alors dans la conception urbanistique : séparer et aérer. Ainsi, d’abord à Barcelone avec Cerdà, puis à Paris avec Haussmann, on perce des grandes avenues orientées en fonction des vents, afin de faire circuler l’air et la lumière. Les cimetières et les fonctions dérangeantes en termes d’hygiène sont relégués en périphérie des villes.
La dynamique se poursuit au XXe siècle, notamment à travers l’idéologie portée par la Charte d’Athènes du Corbusier, dans laquelle est prônée la séparation des fonctions et la faible densité.
A partir de la deuxième moitié du siècle, les “maladies de civilisation” liées au mode de vie urbain (sédentarité, malbouffe, et désormais la pollution de l’air…) passent sur le devant de la scène, car elles tuent plus que les virus.

Ainsi, la ville a toujours su s’adapter aux situations sanitaires successives, et il n’y a jamais eu d’exode urbain à la suite d’une épidémie. Par exemple, après la grippe espagnole de 1918, qui avait causé entre 20 et 50 millions de morts, les populations des grandes villes ont continué à croître les années suivantes.

La critique de la ville, voire l’annonce de sa fin, que l’on a pu entendre dans le discours médiatique durant la crise du covid, est un topos ancien, issu de la pensée utopiste : la ville responsable de toutes les maladies et de leur propagation. Pour autant, nous voulons montrer que la réalité est plus complexe. 

La densité comme facteur de propagation ? Débat et perspectives

La densité urbaine peuple souvent les discours sur l’urbanisme et les villes d’aujourd’hui. Selon Pierre Merlin et Françoise Choay, « la densité peut être définie par le rapport entre un indicateur statistique (population, logements, emploi, etc…) et une surface[4]« . Il existe plusieurs variétés de densité : la densité nette qui se mesure à l’échelle de la parcelle (coefficient d’occupation des sols) et la densité brute, qui au contraire, prend en compte la surface utilisée par les équipements publics (écoles, locaux collectifs…), la voirie et les espaces verts. Il est possible également de parler de densité résidentielle à l’échelle d’un groupe de logements. Quelques auteurs ont tenté de définir une théorie de la densité. Celle-ci est au cœur de l’analyse de Le Corbusier, pour lequel « plus la densité d’une ville est grande, plus faibles sont les distances à parcourir. Conséquence : augmenter la densité du centre des villes, siège des affaires« . Du principe de densité est né le concept de ville compacte pour réduire la consommation d’énergie et les émissions de polluants et gaz à effet de serre. Le densité urbaine suppose un bon fonctionnement des transports en commun dans le centre avec un hypercentre très souvent favorisé par rapport au périurbain. La concentration des activités et les valeurs foncières élevées au centre ont, dans de nombreuses villes nord-américaines et européennes, conduit à un départ de nombreux résidents vers la banlieue. Les densités sont en général plus élevées dans les villes latines (Europe du sud, Amérique latine) et orientales que dans les villes anglo-saxonnes. La recherche de densités optimales relève largement de l’idéologie et continue d’alimenter un débat entre les partisans de celle-ci et ses opposants. Avec la crise sanitaire liée à la propagation du COVID-19 dans les villes, plusieurs spécialistes ont pris position en faveur ou en défaveur de la densification urbaine. 

En effet, l’épidémie est née dans la neuvième plus grande agglomération chinoise et a voyagé à travers les métropoles des quatre coins du monde (Milan, Madrid, New York…). Mais en France, les premiers espaces touchés (Crépy-en-Valois, Auray…) possèdent moins de 15 000 habitants. Pour autant, la transmission du Covid-19 est selon certain une maladie de l’urbain et du périurbain, car est « densité-dépendante », comme plusieurs autres épidémies. Le progrès de l’industrialisation et le développement de l’urbanisation seraient facteurs de développement des pandémies et d’accélération de leur diffusion. De plus, la mondialisation entraînent l’augmentation des interconnexions entre les villes qui deviennent des points centraux de départ, à l’instar de Wuhan.

Alors que l’argument de la densité est sans cesse déployé pour fustiger les villes, sur le plan purement scientifique, le lien densité urbaine / épidémie reste encore à prouver, même s’il s’observe en France. 

Plus que la densité urbaine, c’est davantage la structure des logements (conditions dégradées et surrocupation) qui semblent être à mettre en cause dans la circulation active du virus.

En outre, avant tout, c’est le développement d’une « planète monde » qui a entraîné la circulation des épidémies au cours de l’Histoire (peste, choléra, typhus, dengue, variole, syphilis, toutes les formes de grippes…), sans que les campagnes aient été épargnées.

Le débat sur le modèle urbain s’est accompagné d’un questionnement : est-ce le temps d’un grand retour à la campagne ? En effet, la crise sanitaire a provoqué une large désertion des métropoles : par exemple, Paris a perdu 1 habitant sur 4. Pour certains, cette crise pourrait produire une sorte de « revanche » des campagnes, car les avantages trouvés à la ville seront désormais disponibles partout (grâce à la fibre, aux nouvelles pratiques de travail).

Cela permettrait un rééquilibrage nécessaire, mais le risque d’un large exode urbain serait de se traduire par de l’étalement urbain, phénomène délétère en termes environnementaux. Pour Benjamin Taveau, économiste urbaniste, le coronavirus seul ne suffira pas. Le gain d’espace et l’éloignement du voisin ne semble pas être des motifs suffisants pour quitter les villes. En effet, en tant que bassins principaux d’emplois, les villes ne sauraient être désertées seulement du fait du COVID-19. Les intellectuels se divisent sur les raisons du choix de la vie en ville : seulement car l’emploi est absent des territoires moins denses ou réelle volonté motivée par les atouts économiques ou culturels. Selon l’économiste Jérémie Brun [6], le choix de la ville résulte d’un arbitrage subtil entre « avantages comme proximité des services et richesse de la vie sociale, et des inconvénients comme prix élevé de l’immobilier et la promiscuité ».

Mais dans tous les cas, en tant que bassins principaux d’emplois, les villes ne sauraient être désertées seulement du fait du COVID-19. Cette crise sera pour autant sans doute un tremplin vers des réflexions sur un changement de modèle.

En revanche, dans d’autres parties du monde, l’exode urbain a été très fort. En Afrique ou en Inde par exemple, la crise sanitaire a mis un coup d’arrêt aux activités économiques. Pour tous ceux qui vivent du commerce par exemple, l’arrêt de l’activité signifie famine. Ainsi, le retour dans le village natal est la seule solution.

Pour conclure, on peut s’attendre plutôt à des changements d’habitudes et des évolutions urbanistiques plutôt qu’un exode urbain notable sur le long terme.

Perspectives de l’après : la ville résiliente, nouveau modèle urbain post-covid

La résilience urbaine comme réponse à la crise sanitaire

ONU Habitat, l’agence des Nations Unies pour les établissements humains, a mis en place en 2012 un programme de résilience urbaine pour soutenir les villes dans leur résilience face aux risques. La résilience urbaine est définie comme « la capacité mesurable de tout système urbain, et de ses habitants, à maintenir la continuité à travers tous les chocs et stress, tout en s’adaptant positivement et en se transformant vers la durabilité » [7].

Pour rendre une ville ordinaire plus résiliente, il existe dix principes à adopter selon le rapport Making Cities Resilient, Naples, WUF 6, UN Habitat, Report 2012. « My city is getting Ready ! A global snapshot of how local governments reduce disaster risk » [8].

  1. Implication des administrations dans la prévention et la gestion des risques 
  2. Financements spécifiques pour la gestion des risques
  3. Collectes des données et évaluation des risques 
  4. Investissement dans les infrastructures de protection 
  5. Règlement et planification incluant la prise en compte des risques 
  6. Programme de formation et sensibilisation aux risques 
  7. Protection des écosystèmes et des zones naturels tampons
  8. Système d’alerte et service de protection civile
  9. Prise en compte des besoins essentiels de la population dans la reconstruction

Ces principes sont à la base du processus de résilience urbaine. Celle-ci est une réponse à différents risques comme les risques hydro-géo-climatiques (inondations, coulées de boue, éboulement, séisme, tsunami…) mais aussi les risques technologiques et humains. Dans les faits, ces risques vont souvent entrer en synergie : un séisme va produire une rupture des canalisations par exemple. C’est ainsi pour permettre à la ville de s’adapter le plus facilement et rapidement possible que les programmes de résilience urbaine occupent une place prépondérante dans l’approche urbanistique actuelle des villes. La crise sanitaire liée à la COVID-19 démontre l’importance de repenser les villes autrement. Plusieurs urbanistes considèrent que la ville est un métabolisme humain/urbain et qu’il faut, aujourd’hui, lui donner des capacités immunitaires. Avec le changement climatique et l’accélération des risques, les villes doivent s’adapter en terme d’infrastructures, de services essentiels, d’habitat, pour prévenir les différents risques et ainsi réduire leur impact sur les populations. La résilience urbaine est un concept protéiforme qui s’applique en urbanisme, en architecture mais aussi dans de nombreux domaines comme en climatologie, épidémiologie [9]. L’impact du coronavirus dans le monde a déclenché une prise de conscience générale sur la pertinence d’aborder différents domaines transversaux pour rendre les grandes métropoles plus résilientes et durables. L’architecte Philippe Rahm est par ailleurs un précurseur de cette transversalité entre architecture et climat. En conceptualisant ce qu’on appelle « l’architecture météorologique », l’architecte a décidé d’utiliser des outils météorologique pour concevoir de nouveaux espaces publics comme le Central Park de Taichung à Taïwan [10]. Ce nouveau paradigme en architecture répond à une traduction opérationnelle de la résilience urbaine. 

L’objectif de la résilience urbaine est donc d’adapter le fonctionnement du système urbain à d’éventuelle perturbations majeures et de trouver des traductions opérationnelles pour répondre également aux objectifs de durabilité et de pérennité. Nous allons voir comment ce concept de résilience urbaine peut-il être traduit concrètement dans une variété de projets sur le court terme mais aussi sur le long terme.

Une réponse d’urgence face à la crise sanitaire (approche court-terme) : de l’urbanisme tactique à l’habitat revisité

Afin de répondre efficacement à la crise sanitaire, de nombreuses villes dans le monde ont pris des mesures d’urgence. La fermeture des bars, des restaurants, des magasins, l’arrêt immédiat des transports urbains ainsi que la mise en confinement des populations, ont vidé l’espace public des métropoles de leur substance. En France, le confinement a été déclaré par le Président de la République le 17 mars 2020. Chaque habitant était donc contraint, quelque soit la taille de son logement et du lieu de résidence, de « rester chez soi pour sauver des vies.« . Alors que la ville a toujours joué un rôle dans les relations économiques et sociales, celle-ci se retrouve cloisonnée à des appartements dans de grands ensembles ou à des pavillons avec jardins. Lors du confinement, les commerces essentiels tels que les supermarchés ou encore les pharmacies.. sont restés ouverts. L’espace public s’est organisé autour de règles cherchant à garantir une distanciation sociale suffisante devant ces magasins, uniques refuges d’un quotidien restreint. L’impact de la crise sanitaire est réel avec près de 3 milliards d’habitants dans le monde qui se retrouvent confinés pour lutter contre la COVID-19.

File d’attente devant un supermarché à Rennes, K.Veillard, Ouest France, 2020 [5]

Puis le temps du déconfinement et des réflexions autour du « monde d’après » sont arrivés. Les certitudes d’hier sont remis en question. Selon Mathieu Chassignet, ingénieur et spécialiste de la transition écologique et des villes durables, « Le confinement met en lumière cet espace disproportionné accordé à la voiture. On a d’un côté des personnes qui ont besoin de se déplacer à pied et à qui on reproche de s’agglutiner sur les trottoirs et dans les parcs. De l’autre des routes vides, qui représentent entre 50% et 80% de l’espace public en ville » [11].  Il était alors nécessaire de penser une organisation des villes post-crise sanitaire. De nombreuses questions ont fait surface : comment garantir suffisamment d’espace entre les personnes dans les transports en commun ? Comment ré-ouvrir les commerces et entreprises tout en protégeant clients et salariés ? Comment changer notre modèle de ville actuel en un modèle plus résilient et plus durable ? 

Des idées ont émergé pour penser l’urbanité différemment tout en protégeant les habitants des grandes métropoles. Transports, logements, densité..  au-delà d’un concept désormais à la mode, la résilience urbaine tente d’influencer ces caractéristiques urbaines et prend une place majeure dans les discours. Au coeur des idées sur la mobilité post-confinement : l’urbanisme tactique. Selon des urbanistes canadiens, ce concept « propose des aménagements temporaires qui utilisent du mobilier facile à installer et à désinstaller pour démontrer les changements possibles à l’aménagement d’une rue, d’une intersection ou d’un espace public. On peut ainsi montrer comment l’aménagement peut influencer le comportement des usagers » [12] . L’objectif est alors de réduire la place de la voiture individuelle dans les villes pour changer notre approche des mobilités. Le déconfinement semble l’évènement propice à ce changement pour de nombreuses villes comme Rennes, Lyon, Montpellier, Nice… Le vélo, étant un moyen de déplacement garantissant la sécurité sanitaire, des voies cyclables voient le jour dans les rues des grandes métropoles (mais aussi des villes plus petites). À Bogota, Berlin ou Oakland, le vélo devient l’arme fatale des maires pour l’après-confinement [13]. À Paris, cette tendance est partagée par Anne Hidalgo qui décide alors de créer plus de 50km de pistes cyclables supplémentaires. L’urbanisme tactique s’illustre par une modification de l’espace de circulation, par le biais de bandes jaunes et de nouvelles signalisations.

Compte Twitter d’Anne Hidalgo, maire de Paris, 2020. @Anne_Hidalgo

L’urbanisme tactique, toutefois, ne se limite pas aux pistes cyclables. Il peut aussi consister à élargir les trottoirs en mordant temporairement sur des places de stationnement ou les voies de circulation. L’objectif est de permettre aux piétons de se déplacer et de faire la queue devant les magasins tout en respectant les nouvelles distances de sécurité.

L’initiative de la maire de Paris répond à l’un des enjeux de la résilience urbaine (détaillé plus haut) : « l’implication des administrations dans la prévention et la gestion des risques ». L’urbanisme tactique semble donc être un outil résilient permettant d’apporter une réponse au risque sanitaire (distanciation physique et sociale) et au besoin de déplacement dans les villes. C’est également un moyen d’adopter un schéma de déplacement doux plus durable, plus respectueux de l’environnement et des populations. 

La seconde réponse d’urgence pendant la crise sanitaire fût centrée sur le logement. Pour beaucoup de foyers en ville, le confinement a révélé que leur logement était mal occupé ou encore mal adapté à leurs besoins. Facteur d’inégalités, l’accès au logement était rendu encore plus compliqué par la crise sanitaire pour les personnes précaires ou/et sans domiciles fixes. En France, les services de l’Etat ont mobilisé des places supplémentaires dans des hôtels pour mettre à l’abris les plus démunis et confiner les SDF malades du COVID-19 mais non hospitalisés. Le Ministère du Logement a par ailleurs décidé de prolonger la trêve hivernale jusqu’au 10 juillet prochain. « L’enjeu est d’éviter toute remise à la rue de personnes dans le contexte sanitaire actuel« [14]. En 2019, le marché immobilier  a connu de nombreux records de transaction immobilière.

La priorité pour les acquéreurs étaient d’obtenir des appartements essentiellement citadins au détriment d’autres critères. La proximité avec les écoles, les lieux d’activité professionnelle, les commerces a toujours fait partie d’une priorité pour les personnes en recherche de logement. Avec la hausse des prix du carburant, les grèves dans les transports et les mouvements sociaux dans les villes, les citadins ont eu tendance à privilégier la localisation d’un logement au détriment de son habitabilité. C’est pourquoi en 2019, le prix du m² dans les grandes métropoles a battu des records pour des logements alors vétustes et énergivores. La crise sanitaire et le confinement ont révélé les failles de cet habitat peu adapté à des périodes chez soi assez longues et à une situation d’épidémie ou promiscuité entraîne propagation. Le logement demeure au cœur de l’actualité et constitue un véritable outil de solidarités. C’est le cas notamment de Airbnb, plateforme communautaire payante de location, qui a la demande de l’État, a mis à disposition des logements pour le personnel soignant des hôpitaux, des EHPAD ainsi que pour les travailleurs sociaux dans les centres d’hébergement [15]. Cette initiative a permis à ces acteurs en première ligne face au COVID-19 d’être plus proche de leur lieu de travail et de constituer une force d’action plus rapide et efficace.

Les deux exemples de l’urbanisme tactique et de la mobilisation d’acteurs publics et privés montrent la réponse d’urgence qui peut être apportée en termes de mobilités et d’accès au logement, dans un contexte de crise sanitaire. La résilience urbaine se traduit sous de nombreux aspects qui forment un nouveau paradigme urbanistique au lendemain de la COVID-19. Nous allons voir par la suite quelques exemples sur le long terme pour changer notre rapport avec la ville, et notamment le rapport au temps dans la ville.

Changer l’approche des villes : vers une nouvelle urbanité

Sur le long terme, repenser notre rapport à la ville est une question qui se pose pour de nombreux spécialistes en urbanisme, architecture, design, politique… La crise sanitaire a bouleversé le quotidien des citadins des grandes et moyennes villes. Avec la fermeture des espaces publics et la restriction sur les déplacements, des scènes peu communes ont pu être photographiées aux quatre coins du monde, illustrant ainsi un retour de la nature en ville.

Un troupeau de chèvres sauvages dans le cossu quartier de Llandudno, au nord du Pays de Galles​ @AndrewStuart, Courrier International, 2020.

La crise sanitaire a démontré la porosité entre urbanisation et milieux naturels. Avec l’augmentation des risques naturels liés au dérèglement climatique, plusieurs spécialistes de la ville proposent de revoir ce rapport entre ville et nature afin d’adopter un modèle urbain plus durable et éco-responsable. Dans une tribune publiée le 08 avril 2020, treize chercheurs du Muséum d’histoire naturelle assurent que l’insertion de la nature dans le milieu urbain est source de bénéfices en terme de santé psychologique et physique pour les citadins [16]. Ils s’opposent à une vision selon laquelle la nature en ville favorise la prolifération de maladies infectieuses.  Pour endiguer ce phénomène, les chercheurs  proposent de sortir de l’urbanisme hygiéniste du XIXème qui  a longtemps prôné la  séparation stricte entre systèmes vivants et systèmes sociaux, c’est-à-dire l’aseptisation de la ville. Les villes les plus minérales seraient des bassins d’infection pour les maladies et les allergies, pour les infections pulmonaires et respiratoires. Ils proposent donc d’intégrer une biodiversité originale et fonctionnelle dans les milieux urbains, bénéfique à l’épuration de l’air, au renouvellement de fraîcheur et aux vertus culturelles et pédagogiques. L’architecte italien Stephano Boeri propose la création de « villes forêts » pour conceptualiser ce nouveau paradigme. Face à l’urbanisation de plus en plus grande dans les pays en voie de développement, il propose de végétaliser les bâtiments pour capter les émissions de co2 et créer des îlots de fraîcheur. Il travaille actuellement sur deux projets de ce type en Chine et au Mexique.[17]

La ville résiliente ne peut se penser sans être durable. Dans une tribune du 10 Mai 2020 dans le journal Libération, Max Rousseau, chargé de recherche en science politique, propose un nouvel horizon de l’urbanisme autour du  concept de ville ré-ensauvagée et d’urbanisme punk [18]. L’idée est d’utiliser la crise urbaine engendrée par le confinement et la crise sanitaire pour provoquer une sensibilisation politique des habitants. Le confinement a dessiné « une armature urbaine française comparable à celle des régions désindustrialisées de la «ceinture de la rouille» nord-américaine ou du nord de l’Angleterre : un urbanisme en donut, avec des cœurs métropolitains évidés et paupérisés, un périurbain provisoirement densifié et des campagnes surpeuplées, notamment sur la côte Atlantique. Or ce sont précisément ces conditions qui donnent naissance aux mouvements punk et hip-hop outre-Manche et outre-Atlantique, au milieu des années 70« (Max Rousseau). Avec la fuite des catégories socio-professionnelles supérieures et le ralentissement de l’activité humaine des villes, la ville revit. D’après l’urbanisme punk, la crise urbaine est une opportunité unique de recréer des liens sociaux entre humains et non-humains, de se réapproprier l’urbain comme un espace sauvage et propice à l’agriculture urbaine. Pour le politologue,  le ré-ensauvagement de la ville constitue une réponse au réchauffement climatique. Le retour de la nature en ville devient alors un enjeu du nouveau paradigme urbanistique post-covid. 

Parler de ralentissement de la ville permet de faire un lien avec les études autour de la mixité fonctionnelle et du chrono-aménagement des villes. L’approche temporelle devient un signal fort pour réaménager les villes et s’avère être un nouveau paradigme pour repenser les territoires plus résilients face aux crises à venir… La clé du temps devient une piste d’expérimentation avec un lissage des heures de pointe pour éviter la surcharge des transports en commun, le recours à l’urbanisme temporaire et l’aménagement de rues lentes mais aussi l’imposition de plages horaires strictes limitant les sorties… Le chrono-aménagement ou urbanisme temporaire a émergé dans les années 1990 mais sans prise de forme concrète. Avec l’actualité et le regain d’intérêt pour des solutions résilientes en ville, le chrono-aménagement prend forme dans le débat public. L’approche temporelle de la ville mobilise des acteurs publics et privés, individuels et collectifs, pour former une nouvelle conception de l’aménagement de l’espace. « Si on a souvent aménagé l’espace pour gagner du temps, on a trop rarement aménagé le temps pour gagner de l’espace » [19]. Cette réorganisation passe par une plus grande liberté dans l’application des politiques publiques, dans l’évolution des pratiques et la mobilisation citoyenne. Les projets de « ville du ¼ heure » confirment cette approche temporelle de la ville. Rapprocher la demande et l’offre, assurer la mixité fonctionnelle en développant les interactions sociales, économiques et culturelles, augmenter les espaces publics et garantir l’accès aux services essentiels.. tout cela à 15 minutes de son domicile, c’est le défi de ce nouveau concept de ville intelligente [20] et durable, selon Carlos Moreno, spécialiste des villes intelligentes. Cette promotion de la densité intelligente permet de penser la ville différemment et de manière plus fonctionnelle pour respecter l’environnement et ainsi endiguer le phénomène d’étalement urbain.

La ville du 1⁄4 heure selon Jean Louis Missika, chargé de l’urbanisme à la Mairie de Paris.

À la fois par le développement de nouveaux concepts tels que l’urbanisme punk (ré-ensauvagement des villes) et par l’approche temporelle (chrono-aménagement) de l’urbain, une approche résiliente de la ville est possible sur le long terme. Cette approche fonde les caractéristiques d’un nouveau paradigme de l’urbanisme possible au lendemain de la crise sanitaire.

En conclusion, il y a fort à parier que la crise sanitaire n’endiguera en rien le mouvement continu d’urbanisation, mais elle joue dès à présent un rôle déterminant dans la construction d’un nouveau modèle, centrée autour des enjeux sociaux et environnementaux.

Faire porter toutes les responsabilités à la densité urbaine et ainsi écarter le modèle de la ville dense est risqué, car il est le plus respectueux de l’environnement, en comparaison des villes peu denses avec beaucoup d’étalement urbain et une augmentation conséquente des déplacements et de la pollution, en plus d’une réduction forte du lien social (à l’instar de la ville américaine).

La crise sanitaire a permis d’élargir la voie pour rééquilibrer l’espace public et réduire le “tout-voiture” à travers l’urbanisme tactique, qui, s’il se veut être une réponse ciblée à un phénomène temporaire, semble apporter des solutions amenées à se pérenniser. De plus, les nouvelles pratiques de travail déployées pendant le confinement ouvrent des perspectives sur la réduction des déplacements.

Les réponses sont pour l’instant plus timides en ce qui concerne des restructurations nécessaires dans des quartiers précaires où la promiscuité a été le premier allié du virus. En ce qui concerne l’équilibre urbain-rural, il est évident que le modèle global d’organisation du territoire devrait évoluer : la métropolisation a trop laissé de côté les territoires ruraux, dits “périphériques”. Et de ce point de vue, la crise sanitaire ne semble que très faiblement avoir marqué un tournant.

Travail réalisé par Aurélien Sarrosquy & Romane Jannin dans le cadre du cours « Géographie et enjeux contemporains » en 4ème année à Sciences Po Rennes.

Sources et bibliographie indicative :

[1] Emmanuelle Bonerandi, “Les pays ont dix ans… Retour sur expérience”, Géoconfluences, 18 juillet 2005 : http://geoconfluences.ens-lyon.fr/doc/territ/FranceMut/FranceMutScient2.htm

[2] Géoconfluences, définition de la métropolisation : http://geoconfluences.ens-lyon.fr/glossaire/metropolisation

[3] La région de New York représente 10% du PIB des Etats-Unis.

[4] Merlin.P, Choay.F, Dictionnaire de l’urbanisme et de l’aménagement, édition quadrige, avril 2015

[5] Image : https://www.lefigaro.fr/actualite-france/coronavirus-la-densite-des-villes-a-accentue-la-mortalite-20200511

[6]Les Echos, 8 avril 2020, Franck Gitrand : « Opinion / Coronavirus : tous à la campagne ? »

[7] CRPP, ONU Habitat, 2019 ONU Habitat s’engage pour des villes résilientes [En ligne] https://www.construction21.org/france/articles/fr/onu-habitat-sengage-pour-des-villes-plus-resilientes.html

[8] Crepin X. Making Cities Resilient, Naples, WUF 6, UN Habitat, Report 2012. « My city is getting Ready ! A global snapshot of how local governments reduce disaster risk In : Villes résilientes [en ligne] https://www.academia.edu/23802897/Villes_résilientes

[9] Demain la ville, Fondation Bouygues Immobilier, 2020, Résilience, comment les villes se préparent au pire ? [En ligne] https://demainlaville.com/resilience-comment-les-villes-se-preparent-au-pire/?fbclid=IwAR32F2pNddA1bbC3eTUE5oOpRzzeLeN6pxYlcrRAQ_SAir0H9ZuPqK2V2Ko

[10] Isabelle Regnier, 2020, Le Monde « Philippe Rham : « je travaille avec des outils climatiques, pas seulement géométriques.« ‘ [accès en ligne] https://www.lemonde.fr/smart-cities/article/2020/02/14/philippe-rahm-je-travaille-avec-des-outils-climatiques-pas-seulement-geometriques_6029629_4811534.html

[11] Chassignet. M. 2020 « #IdéesPourAprès : oser l’urbanisme tactique pour adapter nos villes au contexte post-covid 19 » Dans : Pour une moblité durable et solidaire, Alternatives économiques [en ligne] https://blogs.alternatives-economiques.fr/chassignet/2020/04/13/ideespourapres-oser-l-urbanisme-tactique-pour-adapter-nos-villes-au-contexte-post-covid19#footer_newsletter

[12] https://urbanismeparticipatif.ca/outils/urbanisme-tactique

[13] Lelièvre, A. 2020. “Corornavirus : le vélo, l’arme fatale des maires pour l’après confinement”. Les Echos. [accès en ligne] https://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/coronavirus-le-velo-larme-fatale-des-maires-pour-lapres-confinement-1196067

[14] Ministère de la cohésion des territoires, COVID-19 hébergement d’urgence [en ligne] https://www.cohesion-territoires.gouv.fr/covid-19-hebergement-durgence

[15] Ministère de la cohésion des territoires : https://www.cohesion-territoires.gouv.fr/logements-pour-les-soignants-la-demande-de-letat-airbnb-met-en-place-une-plateforme-de-mise

[16] Tribune « La biodiversité en ville n’est pas le problème mais une des solutions », 2020, Le Monde [accès en ligne] https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/04/14/la-biodiversite-en-ville-n-est-pas-le-probleme-mais-une-des-solutions_6036575_3232.html

[17] Peltier, C. 2020 « les villes doivent être des vecteurs dans le développement de corridors écologiques planétaires. » Le Monde, [accès en ligne] https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/05/04/les-villes-doivent-etre-des-vecteurs-dans-le-developpement-de-corridors-ecologiques-planetaires_6038567_3234.html?utm_medium=Social&utm_source=Facebook&fbclid=IwAR32hLHM2CLQYcTgrOXdZUThmT7KD63I0r2h1wnKDcAxaOuR_f3kKpoNWlU#Echobox=1588589239

[18] Rousseau, Max, 2020 « La ville ré-ensauvagée, nouvel horizon de l’urbanisme punk », Libération [Accès en ligne] https://www.liberation.fr/debats/2020/05/10/la-ville-re-ensauvagee-nouvel-horizon-de-l-urbanisme-punk_1787885

[19] Gwiazdzinski, L. Grisot S. Pradel B. « Pour se réinventer, les villes devraient prendre la clé du temps. », Libération. 2020 [en ligne] https://www.liberation.fr/debats/2020/05/05/pour-se-reinventer-les-villes-devraient-prendre-la-cle-des-temps_1787392

[20] Moreno, C. 2016, « La ville du ¼ heure: pour un nouveau chrono-urbanisme » La Tribune [Accès en ligne] https://www.latribune.fr/regions/smart-cities/la-tribune-de-carlos-moreno/la-ville-du-quart-d-heure-pour-un-nouveau-chrono-urbanisme-604358.html

Publié par Aurélien Sarrosquy

Fondateur d'AuSarchitect

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :