Le trépas du Tréport ? Les leçons d’un conflit entre pêcheurs et développeurs éoliens off-shore

Un documentaire sonore, suivi d’une note critique, proposé par : Valentin Guichard, Marie-Clarisse Haumesser, Romain Lacomme et Justin Le Bihan.

Introduction

Cette note critique revient sur le documentaire sonore disponible ci-dessus (et sur la plupart des plateformes de streaming). Il est préférable de l’écouter avant d’entamer la lecture de celle-ci.

Les codes temporels indiqués dans le texte correspondent aux moments de l’audio auxquels se réfèrent les citations ou les différentes parties, afin de faciliter le passage du texte à l’audio. 

Dans le cadre d’un enseignement intitulé « Initiation à la recherche en Géographie », appartenant aux formations dispensées lors de la troisième année de la licence de Géographie sociale de l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée, pour l’année scolaire 2018-2019, nous avons été amenés à réaliser un documentaire sonore. Cette production a trouvé un terrain d’enquête dans les villes seinomarines d’Eu et du Tréport, ainsi que leur région environnante. Ce choix, qui s’est avéré intéressant a été imposé par le corps enseignant et s’est incarné par un voyage d’études, d’une durée de trois jours sur le territoire de ces communes.

Véritable immersion dans le paysage local, nous avons eu la liberté la plus totale de mettre en œuvre les méthodes d’enquêtes appropriées et de réaliser les entretiens prévus en amont, avec les acteurs locaux. Après des semaines de travail à la recherche d’un sujet, de lectures, de problématisation et de questionnement sur notre position « d’enquêteurs venus d’ailleurs », nous nous sommes confrontés au terrain d’enquête en avril 2019. Notre sujet de départ, le monde de la pêche au Tréport, s’est recomposé au fil de nos entretiens. Notre entrée dans l’espace d’étude nous a convaincu de réorienter notre réflexion vers l’opposition et l’inquiétude des acteurs du milieu de l’exploitation halieutique, face à un projet de développement éolien off-shore, un aménagement à même de bouleverser les équilibres en présence.

Notre méthodologie s’est appuyée sur des entretiens semi-directifs avec des acteurs locaux du monde de la pêche et des représentants du développement éolien off-shore, qui ne sont pas tous présents dans le documentaire sonore. Le format imposé par le corps professoral nous limitait à 5 minutes, dans le souci de pouvoir rapidement évaluer tous les groupes, sans que la qualité technique et esthétique de la production ne rentre démesurément en compte. De même, le documentaire sonore ne saurait rendre avec efficacité l’importance du travail d’observation flottante (Pétonnet, 1982), les nécessaires entretiens informels – notamment avec des acteurs ayant expressément refusé d’être enregistrés – mais aussi le cadre si particulier de l’espace du port, en tant que lieu de rêverie et de promenade, place commerciale, espace central et structurant de la ville du Tréport, mais aussi lieu de travail des pêcheurs. La plurifonctionnalité d’un lieu qu’on ne peut voir et qui peine à se faire entendre se dessine cependant dans les discours tenus par les enquêtés qui, chacun à leur manière, incarnent les multiples facettes de cet espace. Le port a été l’écrin de la plupart de nos entretiens et d’un grand nombre, bien que limité au cadre du court voyage d’étude, d’heures de travail. Il faut enfin noter que notre groupe, composé de trois hommes et une femme (les auteurs respectifs de cet article) a généralement été scindé en deux, afin d’optimiser la collecte de témoignages dans le temps limité que nous possédions. Nous avons ainsi utilisé deux enregistreurs et deux casques pour le retour audio, pouvant faire penser à du matériel professionnel, pour qui n’y est pas coutumier. Par ailleurs, nos équipes de deux personnes laissaient le plus souvent place à une configuration interviewer/technicien, pour assurer la gestion de l’enregistrement sans laisser de temps mort dans la conversation, pouvant aussi faire penser à un dispositif journalistique. Cela a pu affecter les réponses que nous avons obtenues ou les refus que nous avons essuyés, de même que la présence d’une femme dans l’équipe et notre statut d’étudiants parisiens ont pu, par moment, jouer en notre défaveur. Nous avons en effet eu des difficultés à accéder à la parole des acteurs de la pêche, un milieu encore très masculin, qui ne comptait que 0,5% de femmes en 2015 (FranceAgrimer, 2017, p. 33) et où les diplômés du supérieur restent rares (FranceAgrimer, 2017, p. 74). Il n’est pas question ici d’émettre un quelconque jugement de valeur, mais de souligner les causes de la relative défiance vis-à-vis de notre démarche, qui a abouti sur ce documentaire sonore, avec le recul qui désormais le nôtre. Dans le cadre de la diffusion de ce reportage, nous avons fait le choix d’anonymiser toutes les personnes qui y interviennent, qui pour une partie, peuvent encore être des acteurs ou des actrices du débat public.

Afin d’accompagner le documentaire, mais aussi de rendre visibles les clefs de notre réflexion, cette note critique se propose de plonger, un an et demi après l’enquête, dans l’envers du décor d’un travail de recherche réalisé dans un cadre universitaire. Décomposée en deux parties, celle-ci revient dans un premier temps sur les origines du projet et les contestations qui en émanent, avant de revenir sur les leçons qu’on peut tirer de ces dernières.

Un projet au développement houleux (début-3:38)

Les éoliennes offshore en France (début-2:00)

Le projet éolien Dieppe-le-Tréport se compose de 62 machines fabriquées par la société espagnole Siemens Gamesa Renewable Energy. Le parc, alors équipé d’une puissance totale de 496 MW, produira environ 2 000 GWh par an soit l’équivalent de la consommation annuelle de 850 000 personnes, ce qui correspond environ aux deux tiers de la population du département de la Seine-Maritime. Ce parc, qui couvrira une zone de 1100 km², implique un investissement de près de 2 milliards d’euros. L’installation de ces machines, qui feront un peu moins de 200 mètres en bout de pale, est prévue théoriquement pour 2021. Le développement de ce parc a été attribué à une société créée spécialement dans le cadre des projets Dieppe – Le Tréport et Yeu – Noirmoutier : Éoliennes en Mer Dieppe – Le Tréport. Elle regroupe plusieurs entreprises, à savoir Engie (31%), Sumito Corporation (29,5%), EDP Renewables (29,5%) et la Banque des Territoires (10%).

Carte 1 : Projet de parc éolien en mer Dieppe – Le Tréport, dossier du maître d’ouvrage (dans le cadre de la CPDP), Éoliennes en mer Dieppe et Le Tréport, 2015, p. 6

Contrairement au système de financement et de réalisation de l’éolien terrestre en France, les parcs offshore sont issus d’appels d’offres. Ainsi, les pouvoirs publics laissent à des sociétés privées, le soin de répondre à ceux-ci, et donc de soumettre un projet, afin de réaliser un parc éolien off-shore. En 2014, et ce après l’étude des différents dossiers des candidats, la société Éoliennes en mer Dieppe – Le Tréport a remporté l’appel d’offres.

Le cadre réglementaire du développement éolien off-shore a connu une évolution très importante avec la loi pour un État au service d’une société de confiance (ESSOC) du 10 août 2018, qui a pour but de « capitaliser sur le retour d’expérience des premiers projets et [d’accélérer] les processus de développement des projets éoliens en mer »1. Les changements majeurs induits par cette loi, en ce qui concerne l’éolien off-shore, peuvent être résumés par l’infographie ci-dessous.

Figure 1 : « Infographie synthétique des changements induits par la loi ESSOC pour l’éolien en mer », Ministère de la transition écologique, https://www.ecologie.gouv.fr/eolien-en-mer-0, consulté le 10 février 2021.

Cependant, le parc éolien de Dieppe – Le Tréport, ayant été attribué lors de la deuxième vague d’appels d’offres (2013-2014)2, le cadre réglementaire élargi et les concertations sur la zone d’implantation potentielle des éoliennes, qu’implique la réforme de 2018, ne s’appliquent pas à notre cas. De ce fait, ce projet situé dans la mer territoriale française nécessite deux autorisations : une environnementale (au titre de l’article L.181-1 et suivants du code de l’environnement) et une concession d’utilisation du domaine public maritime (CUDPM qui est fixée à 40 ans maximum et fixe une redevance nulle). Cependant, en parallèle, le cadre réglementaire oblige la saisine de la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) qui a pour mission d’informer la population locale et nationale à propos de ce projet. Garante de la bonne tenue des débats, la CNDP, qui constitue un acteur neutre, organise des temps d’échanges publics qui ne peuvent porter ni sur la zone d’implantation, ni sur les caractéristiques du projet. Le précédent postulat étatique était de partir du principe que tous les éléments, notamment techniques, ne sont pas « concertables ».

Le parc éolien Dieppe – Le Tréport, qui provoque toujours autant de débats dans la région et à l’échelle nationale3, est encore en développement. À ce jour, des poursuites judiciaires sont toujours en cours afin de contester l’installation de ces éoliennes. Les parcs éoliens, off-shore ou terrestres, mettent en moyenne 10 ans à aboutir, ce qui en fait de réels projets de territoire, sur le temps long.

Vers la destruction de ressources halieutiques ? (2:00-3:00)

Au cours des rencontres que nous avons faites, nous avons pu effectuer un entretien avec un ancien pêcheur. Ce dernier, opposé au projet éolien, a affirmé que construire les éoliennes dans « la bande côtière [française] des 12 milles nautiques » représente une privation (02:40-02:48). En effet, le parc éolien Dieppe-Le Tréport doit être réalisé dans la mer territoriale, c’est-à-dire entre la ligne des plus basses eaux en été, dite ligne de base et la limite de 12 milles nautiques (22,224 km) le long de la côte. Cet espace maritime a été défini en 1982 par la Convention de Montego Bay. Aujourd’hui le droit international de la mer  reconnaît trois zones distinctes. Tout d’abord, s’étend jusqu’aux 12 milles nautiques la mer territoriale, sur laquelle l’État a un contrôle total de la surface, de la colonne d’eau et des fonds marins. Au-delà, s’étend la zone contiguë : de la ligne de base jusqu’à 24 milles nautiques (44,448 km), la France y exerce un droit de police. Enfin, la Zone Économique Exclusive (ZEE) s’étend jusqu’à 200 milles nautiques (370,4 km). Dans cette zone, l’État peut exploiter les ressources biologiques et les fonds marins, mais ne peut pas exercer de contrôle sur les bateaux civils ou militaires.

File:Zonmar.svg

Figure 2 : schéma explicatif des zones maritimes en droit international. Wikimedia.org (Historicair), 2006, consulté le 10 février 2021.

Le parc éolien off-shore Dieppe-Le Tréport, à l’image des autres projets en développement en France, est localisé dans les limites de la mer territoriale. Nous pouvons supposer que l’État a fait le choix de construire les parcs éoliens offshore, infrastructures stratégiques de production d’énergie, dans cette zone, parce qu’il la contrôle totalement.  

Carte 2 : « Périmètre du Parc Naturel Marin des estuaires picards et de la mer d’Opale et emplacement du projet », synthèse d’études : poissons mollusques crustacés (dans le cadre de la CPDP), Éoliennes en mer Dieppe et Le Tréport, 2015, p. 7

Ce projet de parc éolien off-shore rencontre une forte opposition de la part du monde de la pêche. Un patron de pêche interrogé, lui aussi opposé au projet éolien, a mis en avant l’importance de la ressource halieutique de la Manche. Selon lui l’installation des éoliennes s’effectuera dans la zone de reproduction de nombreuses espèces, mettant en danger la pêche au Tréport. Le rapport Charm II (chap. 4, p. 95-147) cartographie les lieux de reproduction et de présence de ces espèces présentes dans la Manche. Certaines d’entre elles sont concentrées au large du Tréport telles que la coquille Saint-Jacques, la sole ou encore le rouget barbet. Cette richesse en ressources halieutiques, selon les opposants, est donc menacée par le projet éolien. Le maître d’ouvrage nuance cependant les effets potentiels de ce dernier, en mettant en avant le fait que l’implantation du parc ne se fera pas dans une zone de première importance, en prenant l’exemple des zones de reproduction de la sole.

Carte 3 : « Cartographie des indices d’abondance des juvéniles de sole en Manche orientale (Source : Olivier Le Pape, Agrocampus ouest, Rennes) ». Poissons, mollusques, crustacés, synthèse d’études, Éoliennes en mer Dieppe et le Tréport, 2015, p. 16.

On comprend donc qu’il existe une divergence de point de vue entre le maître d’ouvrage et une partie des pêcheurs, qui s’exprime dans le cadre de la CNDP et de la commission particulière du débat public (CPDP). Un autre argument avancé par les pêcheurs est que l’espace d’implantation du projet constitue pour eux l’une de leurs principales zones de pêche. Cette idée est étayée dans le bilan de la CNDP par des cartes produites par le Comité Régional des Pêches Maritimes et des Elevages Marins de Haute-Normandie (CRPMEM Haute-Normandie).

Carte 4 : intensité de la pêche dans la Manche, Projet de parc éolien en mer de Dieppe – Le Tréport, compte rendu de la CNDP, 2015 p. 45

Toutefois la CNDP se montre assez prudente vis-à-vis de ces cartes, notant que : « certaines données sont enregistrées de façon automatique (radars, balises), et d’autres sont déclaratives, et leur qualité repose donc sur la bonne foi des patrons pêcheurs. La plupart des données donnent des informations sur la spatialisation des bateaux, mais peu indiquent l’intensité de pêche, le tonnage pêché, etc. Enfin, ces données sont recueillies et exploitables à des échelles spatiales très différentes, allant de zones de 1×1 mille nautique pour les plus précises, à 30×30 milles nautiques pour les plus larges » (CNDP, 2015, p. 45). Ainsi, lorsqu’il est question de la forte intensité de la pêche dans la zone, qu’il ne faut pas totalement réfuter, il faut avant tout souligner que « c’est seulement par le recoupement et l’acquisition éventuelle de données complémentaires que l’on peut juger précisément de l’intensité de la pêche sur une zone géographique donnée. » (Ibid., p. 46).

Face à cette difficulté à prouver l’intensité de la pêche dans cette zone, les opposants au projet se rabattent souvent sur les thèmes de la protection des espèces et de l’environnement.

Les fondements pseudo-rationnels de l’argumentaire anti-éolien (3:00-3:38)

L’opposition des acteurs de la pêche se manifeste aussi par l’emploi d’arguments écologiques (3:00-3:15). Il est en effet intéressant de constater que les pêcheurs ne sont absolument pas (tout du moins dans leur communication) dans une posture climato-sceptique. Il n’est pas question pour eux de remettre en cause la nécessité d’une production d’énergie verte, mais bien de cibler particulièrement l’éolien. Il s’agit, en fait, d’une stratégie qu’on peut expliquer assez simplement : l’argumentaire anti-éolien est probablement l’un des plus développés dans le domaine des énergies renouvelables. En partie à cause d’auteurs, au bagage scientifique plus ou moins complet, qui s’emploient à critiquer la politique de développement de l’éolien en France, parfois soutenus par d’anciens responsables politiques de premier ordre. C’est notamment le cas de Jean-Louis Butré4, qui dans un ouvrage paru en 2008, préfacé par Valéry Giscard d’Estaing, dénonce, selon la quatrième de couverture du livre : « la plus grande imposture écologique de notre époque ». Il ne s’agit pas ici de revenir sur les arguments de ce livre, qui n’est qu’un exemple parmi d’autres d’écrits ayant pu nourrir un argumentaire pseudo-rationaliste (Andreotti et Noûs, 2020, p. 17). Il s’agit avant tout de souligner comment de tels ouvrages ont participé à la défiance de riverains et légitimé des réactions de type NIMBY (acronyme anglais de Not In My BackYard)5, s’appuyant sur des faits scientifiques souvent déformés et des opinions politiques discutables (comme toute opinion politique). C’est une des raisons pour lesquelles les arguments des anti-éoliens, qu’il s’agisse d’éolien terrestre ou maritime (à quelques différences près), sont quasiment toujours les mêmes, puisque basés sur la rumeur et le bouche-à-oreille (Simon, 2015, p. 70). Philippe Subra, dans son ouvrage Géopolitique locale, parle ainsi de « mutualisation des expériences et des arguments et [d’un] partage des études scientifiques et du réseau d’experts » (2016, p. 72). Ces arguments peuvent cependant pour la plupart être réfutés, c’est pourquoi il n’a pas s’agit ici de revenir point par point sur ces derniers (pour cela, se référer à la bibliographie : ADEME, 2018). On peut cependant revenir sur au moins deux aspects du discours des personnes interrogées. 

Tout d’abord, l’idée que l’éolien serait polluant n’est pas avérée (3:15-3:25). L’éolien a des effets indésirables (notamment en termes d’empreinte paysagère ou de bruit), qui ne sont pas supérieurs à ceux d’autres sources d’énergie (Yang et Leung, 2012, p. 1038). Les hypothétiques conséquences environnementales des grandes fermes à éoliennes restent quant à elle à démontrer (Yang et Leung, 2012, p. 1037). Toutefois, l’éolien marin constitue un cas particulier, pour lequel ces conclusions ne sont pas totalement valables, comme cela est démontré dans les paragraphes suivants.

Avant cela, sans faire de comparaison qui n’aurait aucun sens entre production d’énergie et exploitation halieutique, il faut rappeler que le secteur de la pêche joue un rôle central dans la pollution des espaces maritimes (Vázquez-Rowe, 2020, p. 3), ce qui souligne bien la nécessité de changer certaines pratiques (Thanassekos et Scheld, 2020, p. 8) et la réflexivité sélective de certains pêcheurs. On peut en effet se demander si dans un tel contexte il est bien opportun pour ces derniers de baser leur argumentaire sur un discours les plaçant en défenseur de l’environnement.

Cependant, il serait faux de dire que l’argumentaire employé dans le reportage par les pêcheurs est entièrement inexact, comme souvent dans les discours empreints de pseudo-rationalisme (Andreotti et Noûs, 2020, p. 23). C’est notamment le cas lorsqu’est abordée la question des « anodes sacrificielles » (3:25-3:38). Il s’agit d’un métal présent sur les éoliennes off shore, sous la surface de l’eau, se désintégrant peu à peu dans l’océan, afin de protéger la structure de la corrosion6, dont la dangerosité pour l’environnement marin est démontrée depuis peu (Wen et al., 2020, p. 633-634). C’est pour cette raison que de nombreux projets d’éoliennes en mer abandonnent désormais l’utilisation des anodes sacrificielles, c’est notamment le cas du projet Dieppe-Le Tréport7. Mais il faut noter qu’à l’époque de cet entretien, la dangerosité des anodes sacrificielles pour l’environnement n’était pas clairement démontrée et faisait partie de l’attirail argumentatif des anti-éoliens.

Par ailleurs, des inquiétudes existent aussi en ce qui concerne les effets des bruits et vibrations induits par les éoliennes sur les espèces marines. S’il a été dit plus tôt que les effets environnementaux des grands parcs éoliens ne sont pas encore prouvés, les effets de ceux-ci sur la faune marine, lorsqu’ils sont implantés en mer sont pris au sérieux. Dans les études du maître d’ouvrage parues en avril 2015, une carte dévoilant les impacts du projet en termes de bruit est publiée. Celle-ci ne concerne que l’acoustique aérienne et permet de constater que l’impact sonore perçu depuis les côtes devrait être quasi nul.

Carte 5 : « Courbes de bruit du projet de parc en phase d’exploitation (Source : ABIES) », Acoustique sous-marine et aérienne, synthèse d’études, Eoliennes en mer Dieppe et Le Tréport, 2015, p. 17

Cependant, la question de l’acoustique sous-marine n’est pas clairement traitée dans ce document. Ainsi, en juillet 2015, la CNDP a commandé une Synthèse des connaissances de la communauté scientifique sur l’impact acoustique des projets éoliens offshore sur la faune marine. Ce document dresse un état des connaissances scientifiques actuelles sur les effets des éoliennes en mer. On peut notamment y lire : « La question de l’existence d’effets négatifs de ces émissions anthropiques sur la faune marine capable de les écouter se pose, notamment pour le développement des fermes éoliennes offshore. » (p. 9). Mais aussi : « pour une ferme éolienne offshore, les puissances sonores des différentes éoliennes s’additionnent. De par sa nature permanente, le bruit d’une ferme d’une centaine d’hydroliennes pourrait être comparable au bruit rayonné par une route maritime côtière. » (p. 16). Tout cela implique que « L’activité humaine offshore (civile ou militaire) génère dans l’environnement marin des sons de puissances et de fréquences variables qui peuvent interférer avec les systèmes de perception des animaux marins. En fonction des caractéristiques du son émis (puissance acoustique, bande de fréquence), des caractéristiques du système de réception et la position de l’animal par rapport à la source, les effets des sons sur les animaux marins varient de la « simple gène » à des traumatismes pouvant provoquer une mort immédiate ou différée. » (p. 31). C’est pour cette raison que dans une étude d’impact en date de 2018, la société Éoliennes en mer Dieppe et Le Tréport prévoit de mettre en place des dispositifs de réduction des nuisances acoustiques (p. 867-870). Tout cela implique donc un tri dans la parole des pêcheurs, dont le discours alterne argumentaire anti-éoliens et arguments scientifiques, qui pour certains commencent à être démontrés.

Toutefois, ces arguments, qui pour certains sont véridiques, incitent à s’interroger sur le bien fondé du projet et s’il l’est, sur les raisons de la défiance à son encontre.

Un projet cohérent, mais une concertation délicate (3:38-fin)

Quelle implantation dans le réseau électrique local et national ? (3:38-4:15)

La position stratégique du futur parc éolien, avancée dans les documents de planification comme favorable, est également sujet de débats entre promoteurs et opposants au projet. Seront traités ici trois arguments présentés par une employée du développeur éolien. 

Le premier argument avancé par la personne travaillant pour Éolienne en Mer Dieppe-Le Tréport est celui de la proximité entre les nouvelles éoliennes et une zone dense du réseau électrique français. Le département de Seine-Maritime, et notamment sa côte maritime nord, est densément desservi par le réseau électrique national. Cela s’explique par la présence de deux centrales nucléaires : celle de Penly située entre Dieppe et le Tréport et celle de Paluel entre Dieppe et Fécamp. Ces deux centres nationaux de production d’énergie (CNPE), respectivement ouverts en 1990 et en 1985, jouent un rôle important dans l’alimentation de la Haute-Normandie et de la Picardie, ainsi que pour des infrastructures stratégiques d’importance nationale, comme les ports du Havre et de Rouen. Ces deux centrales sont ainsi reliées à deux lignes à haute tension d’importance nationale, l’une reliant Paris au Pays de Caux et l’autre reliant Lille à la Basse-Normandie. Il est par ailleurs prévu de raccorder le parc éolien au poste terrestre de la centrale nucléaire de Penly (Éolienne en Mer-Dieppe le Tréport,  2019, p. 2). 

Carte 6 : « Carte de situation du parc éolien en mer de Dieppe – Le Tréport et du poste de raccordement terrestre de Penly », Projet de parc éolien en mer Dieppe – Le Tréport, dossier du maître d’ouvrage (dans le cadre de la CPDP), Éoliennes en mer Dieppe et Le Tréport, 2015, p. 19

D’une manière générale, l’Agence Nationale de la Transition Écologique (ADEME), dans le cadre de ses communications au sujet du développement éolien off-shore, détaille les avantages d’une proximité entre les parcs et le réseau haute tension. Ils tournent principalement autour d’un argumentaire économique. S’il est possible, indépendamment des questions de profondeur marine, de bâtir des éoliennes sur tout le long des côtes françaises. Pour des questions de coûts, il est plus intéressant de les concentrer au plus proche des réseaux électriques existants. Par ailleurs, rapprocher géographiquement la production éolienne de la production nucléaire d’électricité permet de faciliter la compensation de la variabilité de productivité des éoliennes (Yilmaz et Meyers, 2018).Ces variations peuvent être de 20 à 40% d’une heure sur l’autre (International Energy Agency, 2019, p. 23). Ce fait explique probablement pourquoi trois des six projets éoliens en mer des côtes ouest et nord se trouvent en Normandie. 

Une zone propice à l’implantation d’éoliennes (4:15-4:18)

Le second argument avancé met la focale sur la question du vent. Sur la côte Nord-Ouest française, les vents de sud-ouest sont majoritaires, ils représentent par exemple 48% des vents mesurés en moyenne entre juin et août. Entre les mois de décembre et de février ainsi qu’entre les mois de septembre et de novembre, la part « forte » de ses vents, qui sont supérieurs à 28 nœuds, peut représenter jusqu’à 4% des vents de Sud-Ouest (Le Cam et Baraer, 2012, p. 4). Ces chiffres semblent indiquer que le site du futur parc éolien Dieppe-Le Tréport est propice à la production d’énergie à 11km/h, la vitesse minimale pour le fonctionnement de l’éolienne (Eoliennes en mer Dieppe – Le Tréport, 2015, p. 16), équivalant à 5 Nœuds, et la vitesse moyenne des vents de Sud-Ouest atteignant une moyenne supérieure à ces 5 nœuds (ADEME, 2018, P. 9) (IFREMER, 2012, p; 4). En revanche, il est difficile d’établir le large de Dieppe-Le Tréport comme une région supérieure à l’échelle nationale en termes de force du vent. Si les études de l’IFREMER semblent indiquer des vents moins forts sur la côte atlantique (Le Cam, Baraer, 2012, p. 3), les côtes bretonnes semblent disposer de vents de force semblables aux mêmes périodes de l’année (Ibid, 2012, p.3) (DDTM 22, 2010, p. 5). Une étude de vent est une pièce nécessaire du dossier déposé à la préfecture pour obtenir une autorisation environnementale. Sa réalisation nécessite la pose d’un mât de mesure du vent pendant au moins une année. Ces données ont été complétées, dans le cas du parc éolien Dieppe-Le Tréport, par les données de la station météo de la centrale nucléaire de Penly (Éoliennes en mer-Dieppe le Tréport, 2018, p. 31). Par ailleurs, une mesure effectuée par LIDAR (light detection and ranging) dans une étude d’impact récente donne les résultats suivants dans l’aire d’étude étendue (AEE)

Tableau 1 : « Vitesses moyennes et maximums de vents mesurées par LIDAR dans l’AEE », Études d’impact : parc éolien en mer de Dieppe – Le Tréport, sa base d’exploitation et de maintenance et son raccordement au réseau public de transport d’électricité, Document 3 : Étude d’impact du parc sur l’environnement valant document d’incidences au titre de la Police de l’eau et des milieux aquatiques, Eoliennes en mer Dieppe et Le Tréport, 2018 p. 32.

La moyenne la plus basse de 7,6 m/s correspond au mois d’août et donne une vitesse de 27,36 km/h, ce qui reste largement supérieur aux 11 km/h nécessaires au fonctionnement des éoliennes qui doivent être installées. Ainsi, techniquement parlant, ce projet de parc éolien semble plutôt pertinent.

La pêche : un poids culturel sous-estimé ? (4:18-fin)

Finalement le dernier argument présenté est celui de la part de l’activité halieutique au Tréport. Alors quelle place pour la pêche au Tréport ? Si l’on s’intéresse aux chiffres bruts : la pêche n’est sans doute pas le secteur dominant au Tréport. En 2017, sur la commune, la catégorie INSEE des entreprises « Agriculture, Sylviculture et Pêche » (donc on peut présumer qu’elle est surreprésentée par les pêcheurs compte tenu de la position de la commune) ne recensait que 5,5% des établissements actifs pour 1% du total des postes salariés du territoire communal. Des proportions similaires peuvent être trouvées à l’échelle de la Communauté de Communes des Villes Sœurs. Le port de pêche du Tréport dispose d’une capacité de tonnage de 6000t. C’est une quantité éloignée des 32000 t du port de Boulogne-sur-Mer. En 2017, le Tréport n’atteignait pas le tonnage des 30 plus grands ports de pêche français. 

Cependant, plusieurs éléments permettent de nuancer ce jugement. Tout d’abord, si l’on se replace à une échelle régionale, le port du Tréport a une place importante dans la pêche. Il dispose de la seconde plus grande flottille de pêche départementale8, avec 48 navires, derrière Dieppe, mais devant Fécamp et Le Havre9. Par ailleurs, c’est une infrastructure qui continue à être l’objet d’investissements de la part de la puissance publique. En 2018, une nouvelle porte-écluse a été inaugurée dans le port. Résultat d’un effort de 3,3 millions d’euros consentis par la Région Normandie et le Département de Seine-Maritime, par le biais de la Chambre de Commerce locale. D’autres travaux sont prévus pour 2021 dans le but de renforcer l’avant-port. Cela démontre la volonté des pouvoirs locaux de maintenir une activité halieutique. Cette politique semble avoir un certain succès puisque le Tréport maintient ses activités halieutiques, contrairement à ses voisines directes : Criel-sur-Mer et Saint-Valéry. 

Une chose importante, que le travail de terrain nous a permis d’observer, est que l’importance économique du secteur halieutique au Tréport parvient assez mal à refléter l’importance culturelle de la pêche pour les Tréportais. Il nous a été possible d’observer à quel point la culture est décisive dans la manière dont les habitants de ce territoire perçoivent et conçoivent le monde qui les entoure comme l’expliquait Paul Claval (Claval, 2012). Si peu d’entre eux sont des pêcheurs, nombreuses sont les personnes que nous avons rencontrées revendiquant connaître un pécheur, consommer du poisson régulièrement et bien sûr, connaître l’enjeu du conflit qui oppose les pêcheurs aux développeurs éoliens. Par conséquent, les raisons de l’opposition à ce projet, plutôt cohérent dans l’ensemble, sont peut-être davantage à chercher dans les représentations et l’imaginaire de la pêche, que dans son poids économique réel. Il est aussi bon de rappeler, pour ne pas conclure sur une explication purement culturelle, qu’une partie du soutien recueillie par les pêcheurs de la part d’habitants découle peut-être d’intérêts plus personnels.

Carte 7 : « Carte des résidences secondaires ou logements occasionnels », Projet de parc éolien en mer Dieppe – Le Tréport, dossier du maître d’ouvrage (dans le cadre de la CPDP), Éoliennes en mer Dieppe et Le Tréport, 2015, p. 39

On constate en effet que les côtes normandes comptent des taux de résidences secondaires ou logements occasionnels très élevés par rapport à la moyenne départementale qui se situe autour de 10 % en 2017 (INSEE, 2021). Ainsi, il pourrait être pertinent de s’intéresser au profil de ceux qui disent défendre les pêcheurs, quand l’objectif de certains pourrait avant tout être la préservation de leur vue sur la Manche. Notons qu’il ne s’agit pas ici de nier des enjeux de préservation du patrimoine paysager qui demeurent prégnants, mais encore une fois de démêler les tenants et les aboutissants du discours des nombreux acteurs et observateurs du projet. D’une manière générale un tel projet regroupe un ensemble d’enjeux conséquent, qu’il est impossible de traiter dans un article se voulant un tant soit peu synthétique. C’est pourquoi nous ne pouvons qu’inciter les lecteurs qui souhaiteraient en savoir davantage, à consulter les rapports de la CNDP/CPDP présents en bibliographie et à visiter leur site internet consacré au projet.

Conclusion

Notre documentaire sonore, réalisé il y a deux ans, avant la loi ESSOC et son bouleversement réglementaire, s’inscrit dans un cadre politique et médiatique encore contemporain. Le développement éolien offshore, provoque de vifs débats et contraint les élus locaux à s’inscrire pour ou contre, et ce peu importe l’étiquette partisane. La lettre ouverte des pécheurs, des élus et des riverains du 1er juillet 2020, adressée à Emmanuel Macron, notamment signée par Xavier Bertrand10, qui souhaitent l’arrêt des projets, illustre ainsi cette situation. Cependant, les controverses autour de l’éolien offshore ne semblent pas arrêter l’exécutif français, qui selon certains ne fait que respecter les objectifs de l’Union Européenne en termes de développement énergétique, en ayant notamment annoncé le lancement d’un quatrième appel d’offres pour de nouveaux parcs. À ce titre, la démarche de concertation préalable réalisée en 2020, dans le nouveau cadre réglementaire fixé par la loi ESSOC, a permis de déterminer un nouvel espace, situé dans le Cotentin. Nul doute que le monde de la pêche normand pourrait se mobiliser, et il a déjà commencé à le faire, afin de contester l’installation potentielle d’un nouveau projet dans la Manche. Soulignons que la zone potentielle d’implantation des éoliennes offshores qui a été concertée était située, comme un clin d’œil à notre documentaire sonore, entre Cherbourg et Le Tréport.

Notes et références

↑1 – « Eolien en mer », https://www.ecologie.gouv.fr/eolien-en-mer-0, Ministère de la transition écologique, consulté le 10 février 2021.

↑2 – Le calendrier de dépôt et d’attribution des appels d’offres en France a connu trois vagues successives : 2011-2012 (Parcs de Saint-Brieuc, Courseulles, Fécamp et Saint-Nazaire), 2013-2014 (Dieppe – Le Tréport, Yeu – Noirmoutier) et 2018-2019 (Dunkerque).

↑3 – « Le Tréport : des pêcheurs s’opposent à la construction d’un parc éolien en mer », https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/seine-maritime/treport-pecheurs-s-opposent-construction-parc-eolien-mer-1856614.html, France 3 Normandie, consulté le 8 février 2021.

↑4 – Actuellement président de la FED (Féderation Environemental Durable), association très critique vis à vis du développement éolien en France.

↑5 – On peut traduire cet acronyme par : « pas dans mon arrière-cour ». Il caractérise l’opposition de riverains, qui prennent généralement les nuisances pour prétexte, à des projets d’aménagement locaux d’intérêt général.

↑6 – « Le procédé «anode sacrificielle» utilise un métal hautement actif comme matériau d’anode, soudé sur la surface des matériaux en acier, pour former une différence de potentiel de protection pour protéger contre la corrosion en consommant en continu le métal d’anode. » Traduction personnelle. (Wen et al., 2020, p. 624)

↑7 – Le projet Éoliennes en mer îles d’Yeu et de Noirmoutier, porté par ENGIE, tout comme le projet Eoliennes en mer Dieppe-Le Tréport, a abandonné l’emploi de ces métaux controversés (cf. bibliographie).

↑8 – Depuis le 30 décembre 1983, le port du Tréport est propriété du Département de Seine Maritime (76) au même titre que le port de Fécamp et le port de pêche du Havre. Le Port de Dieppe, voisin du Tréport, est propriété de la région Normandie bien qu’ayant des tonnages de pêche proches.

↑9Les ports de pêche départementaux, Département de Seine Maritime (https://www.seinemaritime.fr/mon-cadre-de-vie/agriculture-port-et-peche/les-ports-de-peche-departementaux.html), consulté le 10 Fev. 2021

↑10 – Président (Les Républicains) de la région Hauts-de-France.

Bibliographie

Rapports et documentation

  • ADEME, 2019, L’éolien en 10 questions. Produire de l’électricité avec le vent, Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) (coll. « Clés pour agir »), 13 p.
  • CNDP, 2015, Projet de parc éolien en mer de Dieppe – Le Tréport, compte rendu du débat public, 104 p.
  • CNDP, 2015, Synthèse des connaissances de la communauté scientifique sur l’impact acoustique des projets éoliens offshore sur la faune marine, 76 p.
  • DDTM, 2010,  « Recueil des phénomènes naturels », Plan de prévention des risques littoraux et d’inondation de la baie de Saint-Brieuc, Direction Départementale des Territoires et de la mer des Côtes d’Armor (DDTM 22), 29 p.
  • ENGIE, 2018, Étude d’impact : Parc éolien en mer de Dieppe-Le Tréport, sa base d’exploitation et de maintenance et son raccordement au réseau public de transport d’électricité, 1532 p.
  • Éoliennes en mer Dieppe et Le Tréport, 2015, Acoustique sous-marine et aérienne, synthèse d’études, p. 17
  • Éoliennes en mer Dieppe et Le Tréport, 2018, Études d’impact : parc éolien en mer de Dieppe – Le Tréport, sa base d’exploitation et de maintenance et son raccordement au réseau public de transport d’électricité, Document 3 : Étude d’impact du parc sur l’environnement valant document d’incidences au titre de la Police de l’eau et des milieux aquatiques, p. 32.
  • Éoliennes en mer Dieppe et Le Tréport, 2015, Périmètre du Parc Naturel Marin des estuaires picards et de la mer d’Opale et emplacement du projet, synthèse d’études : poissons mollusques crustacés (dans le cadre de la CPDP), 27 p.
  • Éoliennes en mer Dieppe et Le Tréport, 2015, Projet de parc éolien en mer Dieppe – Le Tréport, dossier du maître d’ouvrage (dans le cadre de la CPDP), 72 p.
  • Éoliennes en mer Dieppe et Le Tréport/BRL ingénierie, 2015, Poissons, mollusques, crustacés, synthèse d’études, 27 p.
  • IFREMER, 2009, Atlas des habitats des ressources marines de la Manche orientale, rapport final CHARM phase II, Carpentier André et Harrop Stuart, Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer (IFREMER)/University of Kent, Programme INTERREG 3a, 626 p.
  • FranceAgrimer, 2017, La place des femmes dans les secteurs pêche et aquaculture en France, Groupement Monfort-Baelde-Vouhe, 141 p.
  • International Energy Agency, 2019, Offshore Wind Outlook, 2019, 98 p.
  • INSEE, Région Normandie (20), dossier complet, 2021.

Articles et ouvrages scientifiques

  • Andreotti Bruno et Noûs Camille, 2020, « Contre l’imposture et le pseudo-rationalisme », Zilsel, 25 août 2020, N° 7, no 2, p. 15‑53.
  • Butré Jean-Louis, 2008, L’imposture : Pourquoi l’éolien est un danger pour la France, Issy-les-Moulineaux, Éditions du Toucan, 162 p.
  • Claval, Paul. « Introduction », in Géographie culturelle. Une nouvelle approche des sociétés et des milieux, sous la direction de Claval Paul. Armand Colin, 2012, p. 4-8.
  • Le Cam Hervé et Baraer Hervé, 2012, Caractéristiques et état écologique : Manche-Mer du Nord, Météo France, 11 p.
  • Le Cam Hervé et Baraer Hervé, 2012, Caractéristiques et état écologique : Golfe de Gascogne, Météo France, 8 p.
  • Leung Dennis Y.C. et Yang Yuan, 2012, « Wind energy development and its environmental impact: A review », Renewable and Sustainable Energy Reviews, janvier 2012, vol. 16, no 1, p. 1031‑1039.
  • Simon Linda, 2015, Les rumeurs, De Boeck Supérieur (coll. « Le point sur… Psychologie »), 130 p.
  • Subra Philippe, 2016, Géopolitique locale, Armand Colin (coll. « U »), 336 p.
  • Thanassekos Stéphane et Scheld Andrew M., 2020, « Simulating the effects of environmental and market variability on fishing industry structure », Ecological Economics, août 2020, vol. 174, p. 106687.
  • Vázquez-Rowe Ian, 2020, « A fine kettle of fish: the fishing industry and environmental impacts », Current Opinion in Environmental Science & Health, 1 février 2020, vol. 13, (coll. « Environmental Monitoring Assessment: Water-energy-food nexus »), p. 1‑5.
  • Voelckel Michel, 1973, « Les lignes de base dans la Convention de Genève sur la mer territoriale« . Annuaire français de droit international, volume 19, p. 820-836.
  • Wen Chih-Chung, Tsai Han-Jen, Hsu Shih-Yen et Yeh Hsiu-Chen, 2020, « Environmental Impact Assessment of Sacrificial Anode Method in Taiwan Strait », Journal of Environmental Protection, 30 juillet 2020, vol. 11, no 8, p. 622‑635.
  • Yilmaz Ali-Emre et Meyers Johan, 2018, « Optimal dynamic induction control of a pair of inline wind turbines », Physics of Fluids, n°30, 2018

Articles de presse et sites internet

Les articles de presse et sites internet sont référencés en notes de bas de page.

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